STREET ART ET GRAFFITI

Pourquoi écrire un article intitulé street art et graffiti ?
La confusion entre street art et graffiti est trop courante…
Même si le street art et le graffiti sont étroitement liés, une petite mise au pint semble essentielle.
A savoir que le street art moderne (art urbain), celui qui c’est démocratisé depuis quelques décennies, n’existerait pas sans le graffiti*, en tous cas pas en France.
Pour ce faire nous allons tenter de Dissocier le graffiti du street Art, de bien Définir ce qu’est le graffiti en tant que discipline à part entière et donc de lui redonner ces lettres de noblesse !
Le Street art
Pour commencer précisons que Le street art est un mouvement artistique fourre tout, dans lequel les artistes de tout bord se retrouvent autour d’un pilier commun: l’art dans la rue.
De nombreuses techniques sont donc représentées : pochoir, collage, peinture classique, sculpture, céramique, graffiti, art plastique, trompe l’oeil, etc, etc.
Son ambition première est d’embellir le paysage urbain et d’être vu par le plus grand nombre.
Depuis sa banalisation le Street Art se déploie par le biais de projets officiels et légaux ou par une expression sauvage et donc souvent illégale ou tolérée…
Le Graffiti
Le graffiti, une discipline à part entière.
Tout d’abord il faut préciser de quel graffiti nous parlons ici.
En effet n’importe quelle inscription sur un mur peut être considérée comme un graffiti : un petit mot doux écrit au stylo, un slogan politique, un dessin retrouvé au fond d’une grotte à Lascaux, un hiéroglyphe…
L’appellation graffiti est donc générique pour le quidam et incontestablement le graffiti existe depuis la nuit des temps…
Le graffiti que j’évoque ici, est apparenté à la culture hip-hop, c’est une des 5 disciplines de cette culture, qui sont : le rap, le breakdance, le DJing, le beatbox et le graffiti.
Il prend ces racines aux états unis et principalement dans les ghettos new-yorkais des années 60…
En résumant, ce graffiti a plutôt pour but de marquer un territoire et d’exprimer une revendication sociale à travers une recherche esthétique spécifique et singulière.

Le Graffiti : un état d’esprit, une discipline exigeante
Il est régi par différents codes, us et coutumes, particulièrement précis.
Pour faire simple, la pratique de cette discipline commence par le choix d’un nom : le tag (une signature); En découle une recherche orientée sur le travail de la lettre, qui nous amène rapidement et inexorablement au graf, ou les lettres sont dessinées et déformées, le but étant de perdre le lecteur et d’affirmer un style…
On rajoute des éléments: flèches, bubbles, 3d, contour et sur-contour (high light), etc.
Le choix des couleurs (contraste et harmonie), des effets, de la lumière n’est pas en reste…
Tous ces éléments permettent à chacun de se différencier et de s’inscrire dans un style : old school, wild style, 3D, etc.
La pratique du graffiti implique de nombreuses contraintes, par exemple le « TOY »: action de repasser ou de salir un graff ou un tag est souvent provoqué par le non respect de certains codes…
Tous ces éléments et tant d’autres, mériteraient d’être développés, mais ce n’est pas le sujet principal de cet article…
Par contre, je tiens à insisté sur une particularité qui différencie les graffitis du graffiti « Hip hop »; En effet l’aspect principal et immuable de la pratique du graffiti, outre les différents éléments cités précédemment est l’utilisation de la bombe de peinture (spray) : n’est pas graffeur celui qui n’utilise pas la bombe de peinture !
Le graffiti est bien plus qu’une pratique artistique à la mode, c’est pour certains au minimum un état d’esprit, un moteur et souvent un art de vivre…
Pas de street art (en France) sans le graffiti
Le graffiti (défini ci-dessus) arrive en France au début des années 80, par le biais de graffeurs venus d’outre atlantique ou d’Angleterre, il apparaît sur les murs, dans et sur les métros, dans les tunnels des voix de chemin de fer et dans les terrains vagues…
Cette pratique totalement illégale sera rapidement qualifiée de vandalisme. Cette appellation sera récupérée par les graffeurs, on peut donc différencier le fait de faire du « vandal » et du « terrain » (terrain vague), même si beaucoup font les deux.
Le graffiti s’impose petit à petit dans l’espace public et fait son entrée dans les galeries d’art et plus tard dans les salles de vente, il n’en reste pas moins illégal et pour beaucoup détesté… Pourtant les graffeurs regorgent d’imagination, leur talent est de plus en plus reconnu et leurs fresques font souvent sensation…
Même si le street art en général se développe rapidement dans le monde, comme à l’accoutumé, il se démocratise plus tardivement en France et les graffeurs en sont les premiers artisans, ils élargissent leur palette de réalisations, ils sont capable de faire du réalisme, de l’abstrait, du sur-réalisme, des décors, du pop art, etc.
Derrière l’immense majorité des artistes qui réalisent des décorations street art, se cachent des graffeurs !
Alors, après avoir essuyé les plâtres et avoir été considérés comme des voyous, ils sont aujourd’hui reconnus, cependant ces graffeurs « street artists » pour beaucoup continuent à exercer leur art de manière illégale…
En conséquence, il me semble donc important (Cela n’engage que moi), d’affirmer que le street art (en France) doit énormément au graffiti !
OCEN ONE | 25/01/2023
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